Luana et le Royaume de l’Arc-en-ciel

Nous avons le plaisir de vous présenter une histoire écrite par Lyne Gagné, commis-comptable pour Les services à l’enfance Grandir ensemble!
Découvrez chaque mois avec vos enfants, et ce, jusqu’à la fin de l’histoire, les aventures de Luana! Chaque nouveau chapitre sera ajouté à la suite du dernier.

Bonne lecture!

 

Chapitre 1

Il était une fois une jeune femme prénommée Luana, elle était d’une beauté éblouissante, elle avait des cheveux noirs comme l’ébène et des yeux bleus comme le ciel. Sa beauté équivalait à son âme aussi pure qu’un celui d’un nouveau-né; aucune once de malice ne coulait dans ses veines. Tous les jours, elle s’évertuait à semer le bonheur à toutes ces créatures féériques qui la côtoyaient, car voyez-vous, elle vivait dans cette autre dimension depuis plus d’une décennie afin de pouvoir libérer ce peuple d’une malédiction.

Tout avait débuté lorsqu’elle était enfant, ses parents avaient recommandé à Luana et ses deux frères ce conseil : Écoutez bien les enfants, si vous apercevez un arc-en-ciel à l’orée du bois, ne l’approchez pas, n’écoutez pas sa mélodie, prenez vos jambes à votre cou et surtout accourez à la maison pour vous y réfugier.

Or, par une belle journée d’été, un nuage s’était pointé et avait déversé ses gouttelettes d’eau au pied du chêne centenaire qui se dressait de toute sa splendeur à l’orée du bois où elle y jouait avec ses frères. Elle avait entendu un murmure s’élevant de l’intérieur de l’arbre et elle vit un arc-en-ciel se déployer à ses pieds. Elle fut si hypnotisée par ce murmure dont le son s’accentuait en une mélodie si agréable et tellement fascinée de voir de si près les couleurs de l’arc-en-ciel qu’elle en oublia le conseil de ses sages parents. LUANA! LUANA! Reviens vers nous! Cours, il faut rentrer à la maison, LUANA, LUANA! Entendait-elle ses frères lui criant de rentrer à la maison ou était-ce un songe…?

Ces couleurs étaient si éclatantes, si grisantes, si fascinantes. L’attraction s’insinuait en elle incitant Luana à les toucher. Elle toucha alors la première couleur accessible, le violet, toutes ses appréhensions furent chassées aussitôt, elle ressentit du réconfort et elle fut submergée par la sérénité. N’écoutant que son cœur, elle toucha la deuxième couleur, l’indigo, la mélodie se fusionna avec elle et elle se mit à la fredonner. Puis la troisième, le bleu, tous ses rêves d’enfant défilèrent devant ses yeux, des rêves si merveilleux de princesses sauvées par de beaux princes charmants. La quatrième, le vert l’apaisa et la réconforta dans l’espoir de réaliser ses rêves un jour. Enfin, la cinquième, le jaune, couleur du soleil la frappa d’une joie si intense, qu’elle rayonna littéralement. Ensuite vint l’orange qui lui insuffla une bonne dose de bonne humeur. Toutes ses sensations, ses ressentis l’entraînèrent dans un état euphorique. Mais alors qu’elle toucha la dernière couleur, le rouge, elle fut aspirée dans un tourbillon sans fin. Elle cria si fort qu’elle aurait pu en percer ses tympans, la peur était devenue sa compagne et ce tourbillon continuait de tourner sur lui-même sans jamais s’arrêter. Lorsque la panique s’empara d’elle, le tourbillon cessa afin sa progression et elle atterrit dans une forêt majestueuse.

Chapitre 2

En regardant les alentours, Luana remarqua la ressemblance de l’endroit où était située la maison de ses parents mais la maison n’y était pas.  Le chêne centenaire se tenait au même endroit mais il était un peu différent, elle croyait l’entendre respirer.  Elle commençait à se demander si elle n’était pas tombée sur la tête.  Oh! Bien sûr…elle devait donc rêver…

Seul un rêve pouvait être aussi merveilleux.  Luana était tellement calme et sereine.  Elle entendait des oiseaux chanter, elle leva la tête et les aperçut, des oiseaux colorés chacun d’une des sept couleurs de l’arc-en-ciel.  Des papillons aux ailes transparentes voletaient autour d’elle, elle tendit la paume de la main et un papillon se posa, qu’elle ne fut pas sa surprise de constater que le papillon était une minuscule fée qui lui souriait.  Des enfants, des hommes et des femmes s’avançaient vers elle et leurs peaux se transformaient comme des caméléons au fur et à mesure de leur progression se fondant littéralement dans leur habitat.  Des animaux sauvages aux différentes couleurs de l’arc-en-ciel s’approchaient d’elle pour lui souhaiter la Bienvenue.  Elle ne ressentait aucune peur et aucun d’eux ne la craignait.  Dans son for intérieur, elle pensait que vivre dans ce monde serait fantastique.

Un cerf majestueux s’approcha d’elle et lui parla :

-Bonjour Luana, bienvenue au Royaume de l’arc-en-ciel.

Estomaquée, elle le regardait.  Maintenant, elle comprit, elle ne rêvait pas…

– Nous te souhaitons la Bienvenue, nous t’attendions depuis si longtemps.

– Je ne comprends pas, Monsieur le Cerf. Ce que je sais c’est que je dois revenir à la maison, car mes parents et mes frères vont s’inquiéter.

-Luana, tu as été choisie par le Chêne Centenaire, le Sage de notre royaume. Il t’a observée, il t’a vu grandir. Il louange à tous les habitants du Royaume que ta gentillesse envers tes siens n’a pas de limite, ton respect de la nature et de tout être vivant est exceptionnel. Il nous a confirmé que tu possèdes une âme pure.

Une prophétie proclame qu’une jeune fille altruiste vivra au Royaume de l’arc-en-ciel près d’une décennie, celle-ci apportera le réconfort à ce peuple meurtri par la cruauté du sorcier et elle sèmera la joie de vivre aux habitants du Royaume qui ont été plongés dans la tristesse à la suite d’une malédiction proférée par un sorcier. Cette malédiction sera révoquée lorsque la jeune fille devenue femme percera l’énigme pour libérer le Prince et le bonheur reviendra au Royaume de l’Arc-en-ciel pour les siècles à venir. Mais nous devons t’avertir, pendant toute cette décennie, le sorcier qui demeure dans le château du Royaume ne doit point te voir. Nous, habitants du Royaume de l’arc-en-ciel, te protégerons durant toutes ses années afin que la prophétie se réalise. Le Chêne Centenaire veillera sur ta famille.  Il te donnera de leurs nouvelles au quotidien et ta famille auras de tes nouvelles également.  Nous aviserons ta famille de ta décision.  Si tu veux retourner chez toi, tu y retourneras.  Cependant, si tu acceptes de nous aider, tu t’engageras pour les dix années à venir et tu ne pourras pas voir ta famille, tu pourras retourner chez toi après ces dix années.  Luana, au nom du peuple du Royaume de l’arc-en-ciel, acceptes-tu de nous aider?

N’écoutant que son cœur, Luana accepta la demande du Cerf majestueux.

Chapitre 3

Une fille ayant le même âge que Luana s’approcha d’elle.

— Bonjour Luana, je suis Iris. Le sorcier possède une boule de cristal, il nous observe de temps à autre pour s’assurer que nous suivons toutes ses règles nous rendant ainsi la vie triste. Peut-être qu’il nous observe en ce moment même. Tu dois absolument t’éclipser parmi nous afin qu’il ne puisse te distinguer. Est-ce que tu me fais confiance?

Luana acquiesça. La jeune fille pris les mains de Luana dans les siennes. Les hommes, les femmes et les enfants camouflés en caméléons formèrent un cercle autour d’elle.

Le plus vieil homme se détacha du groupe :

— À compter d’aujourd’hui et jusqu’à ce que soit percé l’énigme qui libèrera le Royaume de l’arc-en-ciel; Luana fera partie intégrante de notre peuple. Toutes les connaissances ainsi que les conseils que nos parents nous ont transmis depuis des décennies n’auront aucun secret pour elle. Elle vivra dans la famille d’Iris afin qu’elle soit en sécurité. Il regarda tour à tour les gens du cercle et il demanda : «Est-ce que tous désirent que Luana soit une des nôtres?» Tous acceptèrent.

Luana ressenti une chaleur parcourir son corps. Des changements s’opérèrent en elle, elle entendit des voix lointaines de différentes personnes lui prodiguant toutes les connaissances prodiguées pendant des siècles par ce peuple. Son corps entamait des changements lui aussi, elle aurait tant aimé se voir dans un miroir. Comme par magie, un miroir apparu devant elle et elle fut témoin de sa transformation; ses yeux s’étiraient en forme d’amande, son nez devenait petit et mutin, ses oreilles s’allongeaient comme ceux d’un lutin, son corps devenait translucide et se fondait dans l’habitat.

A ce moment-là, un essaim de fées multicolores voletèrent tout doucement vers elle. Une fée se détacha de la colonie et se posa sur son épaule.

— Bonjour, je suis Céleste, mes sœurs et moi-même te préparerons des fioles contenant des potions magiques afin de t’aider lors de ton affrontement avec le sorcier. Il y aura sept potions, une de chaque couleur de l’arc-en-ciel ayant chacune une magie unique. Ces fioles t’aideront lors de ta quête pour libérer notre peuple. La magie est bannie par le sorcier, nous devons donc travailler en cachette en utilisant que de toutes petites doses de magie afin ne pas éveiller ses soupçons.

La fée fit une révérence en lui souriant, les autres fées firent une révérence en plein vol en disant : ‟Nous sommes avec toi Luana, tu peux compter sur nous ” et elles s’envolèrent vers le ciel.

Le Chêne Centenaire prit la parole :

— Ta famille a été informée de ta décision d’aider notre peuple. Tes parents et tes frères auraient aimé te parler avant que tu prennes ta décision, dix années sans te voir les plongent dans la tristesse. Ils exigent d’avoir de tes nouvelles à toutes les semaines; tes parents veulent également que tu sois scolarisée afin d’obtenir ton diplôme. Tes frères ont bon espoir que tu réussiras.

Le Cerf majestueux prit à son tour la parole :

— Le soleil amorce déjà son coucher, nous devons tous entrer chez nous maintenant.

Luana, Iris, le peuple caméléon ainsi que les animaux du Royaume de l’arc-en-ciel se déplacèrent donc vers leurs demeures respectives. Luana apprit plus tard que cette règle figurait parmi la liste des nombreuses règles établies par le vilain sorcier.

Chapitre 4

Le peuple caméléon logeait à des endroits stratégiques aux quatre coins cardinaux dans la forêt du Royaume de l’arc-en-ciel. En se rendant à la maison d’Iris, Luana remarqua que le peuple caméléon transformait leur camouflage par une couleur d’un bleu scintillant.

— Luana, voici ta première leçon sur notre peuple, dit le père d’Iris. Afin d’assurer notre survie, nous prenons la couleur bleue, cette couleur nous rend complètement invisibles à tous ceux qui nous entourent. Elle nous permet de nous voir et de communiquer entre nous sans que personne ne se rend compte de notre présence. Les animaux de la forêt ne connaissent pas notre secret, ils savent que nous disparaissons de leur vue lorsque nous approchons de nos maisons.

Ils entrèrent dans une clairière et Luana s’arrêta de marcher. Elle tournoya sur elle-même le visage rivé vers le ciel; le soleil était maintenant couché, la nuit s’installait tranquillement, la lune et les étoiles commencèrent à étinceler dans le ciel et toutes les maisons s’imposaient d’une couleur fluo selon le goût du propriétaire : rose, rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. C’était magnifique.

— Toutes nos maisons sont protégées, seulement les gens de notre peuple peuvent entrer dans ces demeures. C’est une magie de protection.
— Comment faites-vous pour entrer dans vos demeures ? Je ne vois aucun ascenseur.

Yan, le frère aîné d’Iris rie tellement fort; il commença à courir et dit à Luana :
— Regarde et fais comme moi !

Il sauta sur la première branche d’un arbre, il fit un tourniquet et il s’élança sur une deuxième branche et il recommença ainsi jusqu’à atteindre le seuil du perron de la maison.
— C’est à ton tour maintenant Luana, cria Yan.
— Vas-y Luana, pense à grimper vers la maison, focusse sur la maison et tu réussiras.

En réponse au père d’Iris, Luana acquiesça de la tête. Elle devait faire confiance à ces gens, le peuple caméléon lui faisait confiance en lui dévoilant tous ses secrets. Elle réfléchit en se demandant comment se rendre au plus vite sur le perron de la maison, elle focussa son attention sur celle-ci et elle se mit à courir. Tout à coup, ses jambes prirent le relais. Elle allait tellement vite que le sifflement du vent bourdonnait dans ses oreilles. Elle sauta sur la première branche, elle tournoya sur elle-même en sautant d’une branche à une autre pour atterrir à côté de Yan. Luana trépigna sur place, les bras levés vers le ciel en signe de victoire et elle regarda Yan en souriant.
— J’ai réussi Yan ! J’ai fait comme toi ! Cela a fonctionné !

Yan regarda Luana, les yeux écarquillés en se frottant le derrière de la tête,
— Comment tu as fait ça ? Tu étais en bas et maintenant tu es devant moi, tu allais tellement vite que je t’ai perdue de vue.
Iris, son petit frère Sami ainsi que les parents d’Iris arrivèrent à leur tour sur le perron de la maison.
— Papa, maman, vous avez vu comme moi ? Personne ne va vite comme cela, personne que je connaisse en tout cas.

À suivre…