La résilience, l’autonomie et l’autorégulation

La résilience, l’autonomie et l’autorégulation

Depuis presque 15 ans que je travaille dans le domaine de la petite enfance avec des expériences au Canada et en Europe. Pendant toutes ces années, j’ai côtoyé au quotidien de nombreuses familles, de nombreux enfants, chacun avec leur histoire, leur unicité et leur sourire. Dans mon poste actuel, j’interviens souvent auprès des parents, des tuteurs et du personnel éducateur pour les soutenir, les outiller et les accompagner dans leur rôle et dans le développement des enfants. Ces dernières années ont apporté beaucoup de changements dans notre vie d’adulte et nous avons dû piocher dans nos ressources. Mais qu’en est-il des enfants ? Je me pose souvent la question en tant que professionnelle : que pouvons-nous faire de plus pour mieux accompagner nos enfants dès le plus jeune âge et pour nous assurer de leur fournir les environnements et les bagages nécessaires afin qu’ils deviennent des adultes autonomes et responsables ?

Le développement de la résilience, un travail d’équipe

La résilience est un terme qui désigne les capacités d’un individu à faire face à des évènements traumatiques, des situations compliquées ou des changements. Pour nos enfants, la résilience est la capacité qu’ils ont à se remettre des difficultés qu’ils rencontrent et du stress que cela peut causer. La résilience est une aptitude importante à développer dès le plus jeune âge permettant d’avoir une meilleure adaptation dans son parcours scolaire et dans sa vie de jeune adulte.

La résilience des enfants est influencée par leurs caractéristiques personnelles (y compris les compétences acquises), les caractéristiques de la famille avec lesquelles ils vivent et leur environnement physique et social. Nous devons acquérir certaines compétences et pouvoir compter sur notre entourage afin de pouvoir surmonter les moments difficiles. En effet, les éléments positifs dans la vie des enfants et des jeunes, quels qu’ils soient, peuvent faire pencher la balance et les aider à s’épanouir. C’est pour cette raison qu’il est important de travailler ensemble avec le personnel du service de garde éducatif, les équipes des écoles et les familles pour s’assurer de fournir des environnements d’apprentissage positifs et chaleureux pour tous.

De nombreuses ressources, notamment audios, sont disponibles et apportent aux familles et aux professionnels de la petite enfance des éléments clés pour aider les enfants au quotidien à bâtir et développer leur résilience. Cette ressource de Naître et Grandir donne plusieurs exemples de comportements positifs à privilégier, comme le fait d’être disponible et à l’écoute de l’enfant, l’aider à comprendre son émotion et la gérer, favoriser les jeux en plein air et rester un bon modèle.

Les lectures aussi peuvent vous accompagner dans ce processus, avec Je suis courageux  et les coffrets Outils pour la vie qui parlent de confiance et d’estime de soi.

Favoriser l’autonomie chez mon enfant

Les expériences faites par l’enfant dès sa naissance et à travers son évolution vont lui permettre de faire ses propres choix et de se débrouiller dans diverses situations. Pour en arriver là, les enfants ont besoin d’acquérir des aptitudes, des compétences et de l’autonomie. Ceci leur permet d’avoir la capacité d’agir par eux-mêmes et d’assumer leurs actions et leurs décisions. Cette dernière faculté ne se développant pas d’un seul coup, il est important, comme parent, tuteur ou professionnel dans le domaine d’aider l’enfant à y parvenir.

Voici quelques stratégies gagnantes pour vous aider :

  • Adapter vos demandes en fonction de l’âge de l’enfant et de ses capacités. Prendre le temps de bien expliquer la tâche. Il est important d’être disponible pour montrer à l’enfant et l’encourager. Plus l’enfant grandit, plus vous pouvez augmenter la difficulté de la tâche et sa responsabilité.
  • Avoir un encadrement et une structure adaptée. Donner à l’enfant les moyens matériaux et l’environnement qui correspondent à la tâche en vous assurant d’être présents (par exemple des crochets à sa taille pour accrocher son manteau, des objets qu’il est capable de tenir, etc.).

Cette ressource du Centre Mosaïque donne quelques exemples de tâches en fonction de l’âge de l’enfant :

Petite enfance (0-4 ans) : Ranger ses jouets, aider à faire le lit, choisir sa vaisselle pour manger (couleur, verre préféré, etc.), jeter les choses, manger avec des ustensiles, etc.

5-6 ans : Participer à la routine d’hygiène, brosser ses dents, s’habiller seul, aider aux tâches ménagères, ranger sa chambre, contribuer aux soins d’un animal de compagnie, etc.

7-8 ans : Mettre la table, choisir seul ses vêtements, se laver sans aide, ranger la vaisselle, etc.

9 ans et plus : Faire ses devoirs seul (avec une certaine supervision), prendre certaines tâches ménagères en charge (passer le balai, nettoyer la table après les repas, etc.), gérer seul les routines du lever et du coucher, etc.

Des émotions sens dessus-dessous : aide-moi à m’autoréguler

L’autorégulation est la capacité de faire face aux évènements de la vie quotidienne, qu’ils soient petits ou grands, positifs ou négatifs. Elle permet aux enfants de reconnaitre leurs émotions et de contrôler leurs impulsions. Dès le plus jeune âge, les enfants se retrouvent dans des situations où les émotions sont très fortes, que ce soit de la frustration, de la tristesse, de la peur… Dans les services de garde éducatifs, nous savons que certains moments de la journée et certaines périodes sont plus stressants pour les enfants (et les parents) et donc plus propices aux défis de gestion des émotions.

Pour accompagner l’enfant et le soutenir, il est important de :

  • Garder une routine et une structure dans la journée : il sera plus facile pour l’enfant de s’autoréguler dans un environnement prévisible. L’enfant aura une meilleure conception du temps et sera plus certain de ce qui se passe dans le futur.
  • Lorsqu’un enfant vit un moment de peine ou de détresse, prendre le temps nécessaire pour le consoler, le réconforter.
  • Commencer très tôt à offrir des choix aux poupons. Le temps qu’ils prennent pour s’arrêter et réfléchir à ce que vous leur offrez correspond à un autre des principes de l’autorégulation.
  • Le respect est la clé pour le développement de l’autorégulation. Une relation basée sur le respect et l’écoute des enfants sera gage de réussite en ce qui la concerne.

Voici également quelques ressources qui touchent au sujet de l’autorégulation et qui peuvent vous et nous aider au quotidien avec les enfants : la vidéo du cerveau dans la main, l’Introduction à l’autorégulation. Les livres Tourbillon d’émotions et Je retrouve mon calme.

Bonne lecture !

Mot de Marine Noel, Coordonnatrice au Programme Le Cerf-Volant et Le Manège à l’École élémentaire catholique Marius-Barbeau